Terres Exsangues (année 2002)

Le requiem des Ardennes françaises
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Chapitre 4: Un chasseur sachant chasser

Aller en bas 
AuteurMessage
Lestat
Pontife de l'Ethificat
avatar

Messages : 2532
Date d'inscription : 02/09/2016

MessageSujet: Chapitre 4: Un chasseur sachant chasser   Ven 28 Juil - 14:59

Musique: The Wolf Among Us, Prologue, loop

La première page de l'Ardennais affichait en gros titres "Meurtres de Torcy: un suspect en fuite". Juste en dessous, il y avait une photo du suspect, un certain Luc Constant.

- Je te dis que j'en suis sûr. C'est bien l'un des deux enfoirés de la morgue. La photo correspond à peu près au portrait robot des derniers jours. En plus, c'est le frère de Michel Constant, à qui j'avais été amené à parler il y a cinq ans, à l'Emeraude; comme par hasard. Et pour couronner le tout, il correspond à la description de "Fred" qu'Elena Brandt nous a fourni à l'époque. Tout concorde.

Il entoura la photo au marqueur rouge tout en tenant le combiné de sa main libre.

- Ouais, soit il lui a donné un faux nom, soit elle a raconté de la merde. Je mise sur la seconde solution. Il faut se rendre à l'évidence, qu'est-ce qu'elle irait foutre à Torcy Cité ?

Il reposa son marqueur et but une gorgée de sa bouteille d'eau en plastique.

- Tu ne crois même pas à ce que tu dis. Il faut savoir; soit elle était terrifiée, et c'est comme ça qu'elle nous l'a joué, et donc je ne vois pas pourquoi elle irait voir les témoins en compagnie d'une journaliste sachant que son nom serait mentionnée, soit elle n'était pas si terrifiée que ça parce qu'elle était de mèche avec cet merde de Luc Constant et elle est allée parler aux témoins pour savoir ce qu'ils avaient vraiment vus. Encore une fois, je mise sur la deuxième option.

Je te le dis, tout concorde. Elle a joué aux victimes, tout comme Vanderbeck. Ils m'ont berné aussi. Mais tiens, parlons-en de ce sournois au chapeau.

Il tourna la page du journal et fit passer son index sur les colonnes de la suite de l'article.

- Sa soeur vous appelle pour balancer Luc Constant qu'elle a reconnu sur le portrait robot parce qu'elle l'avait déjà vu chez elle en compagnie de son frère. Elle connaissait son nom, donc si c'est bien "Fred", et pour moi il n'y a plus de doute, c'est que Vanderbeck connaissait aussi son vrai non. Et donc, Elena Brandt aussi. Ca prouve qu'ils ont raconté des conneries et qu'ils nous ont baratiné.

Et comme par hasard, quand vous débarquez chez elle pour l'interroger, c'est le bordel et elle a disparu.

Il laissa parler l'autre personne au bout du fil et jeta un coup d'oeil de l'autre côté de son bureau avant de reprendre.

- Là-dessus, tout n'est pas clair. Peut-être que Constant l'a fait disparaître parce qu'elle l'avait balancé, mais comment aurait-il pu savoir ? Les journaux ont publié ça aujourd'hui. A mon avis, elle nous a appelé avant de dire à quelqu'un d'autre qu'elle l'avait fait. Et ce quelqu'un d'autre a vite compris que ça allait être la merde, et il a décampé avec elle.

Et ce quelqu'un d'autre, je sais que ça va pas te plaire, mais je pense que c'est Alain Vanderbeck.

Il se tut, écouta, et poussa un long soupir.

- Réveille-toi, vous avez découvert un nid à serpent dans sa cave, un lit, des affaires en tout genre, un putain de serpent tueur, un piège à loup, et un maximum d'argent en liquide. Un policier est mort et un autre est gravement blessé. Cet enculé s'est fait passé pour mort et s'est fait extraire de la morgue par ses complices. La soeur devait pas tout savoir, et elle a balancé Luc Constant en pensant bien faire. Ou, plus crédible encore, c'est Vanderbeck qui a voulu se débarrasser de Constant qui faisait trop de bruit, et il a dit à sa soeur de le balancer avant de mettre en scène sa disparition pour qu'ils se fassent la malle tous les deux. C'est plus crédible, la soeur devait quand même en savoir beaucoup.

A nouveau, il marqua une pause, jetant à nouveau un regard de l'autre côté du bureau. Il fit "non" de la tête, se feignant d'un rictus.

- Ecoute, je n'en sais rien. Je spécule en partie, c'est vrai, et je ne prétends pas pouvoir rassembler toutes les pièces du puzzle. Mais par contre, je pense savoir à peu près à quoi va ressembler le puzzle une fois complet, et c'est là que ça craint, même si je sais que tu penses que j'ai pété une durite.

Il leva les yeux aux ciels.

- Mais non, ils ne m'ont pas monté la tête. Et quand bien même, je n'ai pas besoin d'eux pour voir les choses en face. Regarde les faits.

Les quatre fils Aymon, ce malade de David Allais, les filles qu'ils chopait et qu'on retrouvait hagardes, Marie-Anne et la famille Loiseau avec son vin, le témoignage de la gamine, le mot en vieux français, le bouquin. Et je peux continuer. Et les morts depuis cinq ans ? A commencer par ces foutues fosses à Vresse Sur Semois, la victime vidée de son sang, Matignon retrouvé mort dans la forêt, ce bizarroïde d'Etienne Rode passionné par le surnaturel et qui a quand même fait de la taule -je ne serais d'ailleurs pas surpris qu'il ait tué son frère étant gosse ! - , et je ne te parle même pas de tous les autres décès ici et là au coin d'une ruelle durant ces cinq ans. Et maintenant, un massacre à Torcy Cité avec pleins de témoins, y compris vos propres gars même si on leur demande de la boucler. Ils sont tarés aussi, eux ?

C'est pareil pour Montcornet, ton tueur est l'un d'eux, j'en mettrais ma main au feu. Vous n'avez toujours pas identifié de cause formelle de décès ? Bien sûr. Met ça en comparaison avec tous les arrêts cardiaques pas nets de ces dernières années. Enfin, merde, tu es venue chez moi, je t'ai montré tout ça.

Il coinça le combiné entre son oreille et son épaule et déboucha la bouteille vide avant de l'écraser et de replacer le bouchon. Il la jeta ensuite dans la poubelle à côté de lui.

- Eux ? C'est pareil. Ils en sont. Vanderbeck, Constant, et même Brandt. Tiens...

Il tourna deux pages du journal et tapota du doigt l'un des articles dont le titre était entouré au marqueur rouge.

- T'es au courant du décès au Physic Sytem, la salle de sport des bourrins. Mickaël, dix-neuf ans. Ouais, je sais que c'est pas de ton ressort, mais je te conseille de t'y intéresser. J'y ai fait un tour, et devine avec qui il était, le môme.

Je te le donne en mille: Elena Brandt. Tes collègues doivent le savoir, renseigne toi et donne-moi des nouvelles. Et il est mort de quoi ? Arrêt cardiaque. Merde alors, encore ça.

Tu ne peux pas nier qu'il y a un truc malsain et pas très catholique, Sarah !

Il se pencha au dessus de son bureau et posa ses deux coudes sur la table. Puis, il ferma les yeux et prit plusieurs inspirations profondes malgré le fait que son interlocutrice avait cessé de parler. Il rompit le silence sur un ton plus maîtrisé:

- Ok, Sarah. Je ne te demande pas de me croire tout de suite. Il m'a fallu des années pour en arriver à mes conclusions. Et je comprends pourquoi tu penses que je suis devenu dingue. Mais je te demande une chose: souviens-toi de ton collègue, et demande-toi s'il était prompt aux conclusions sans preuve. Et n'oublie pas tout ce qu'on s'est dit, tout ce que je t'ai montré; il se peut bien qu'un jour, tu croises quelque chose que seules les théories farfelues du flic déchu que je suis seront à même d'expliquer.

Il raccrocha et releva la tête. Une voix masculine s'éleva devant lui:

- Alors ?

- Elle fait toujours de la résistance. Mais la graine est plantée. Un jour peut-être... Mais on ne peut plus attendre.

Il déchira deux pages du journal, se leva, contourna son bureau, et alla planter les petites coupures à l'aide de deux punaises sur le grand tableau d'affichage en liège qui occupait une partie de la pièce.

- Vous m'avez instruit et ouvert les yeux. Maintenant, c'est à moi de vous apprendre à agir. Nous avons du pain sur la planche.

Il recula d'un pas et son regard croisa celui de Luc Constant dont la photo avait maintenant rejoint la multitude d'articles de journaux bardés de marqueur rouge et d'annotations, et reliés entre eux par un réseau de fils de laine colorés.

Les quatre fils Aymon. David Allais. Paul Omanec. Marie-Anne. Loiseaux. Une jeune boxeuse agressée et tuée. Sandy toujours portée disparue. Le tueur de Montcornet. Fraternitas Bayari. Décès d'Alain Vanderbeck. Massacre à Torcy Cité. Freddy les Griffes de la nuit. Jeunes filles retrouvées hagardes. Fred. Etienne Rode. Michel Constant. L'Organisation. Trafique d'antiquités. Emma Vanderbeck est Odette dans le Lac des Cygnes. Agressions en série à Sedan. Textile Brandt en plein essor. Dévoré par son propre chien. La Céléstine en flammes. Accident cardiaque dans un cinéma pour adulte. Crypte découverte à Bogny-sur-Meuse. Bovidés massacrés, les paysans hurlent. Elena Brandt, le charme de l'idéalisme. Vresse-Sur-Semois. Vent de mort sur les Ardennes...............................

_________________
Chantre de la Confrérie de l'Ethique, Saigneur de l'Ethiquetage, Pontife de l'Ethificat, Philosophe du courant Ethiquiste, Ethiquetosaurus Rex, Souverain du royaume d'Ethiquor, l'Ethiquetor, El Ethicador, l'Ethichrist, Le Dalai Léthique, Guillermo Del Ethico, Napoléthique, Toutanéthique, Australopithéthique, Ethiquetologue, Valar Ethiquetis, L'Ethiquetomaniaque, Caïus Ethiquetus.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://requiemdesardennes.forumactif.org
 
Chapitre 4: Un chasseur sachant chasser
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Ze veux des blagues !!
» Tous les secret du chasseur.
» Composition du Chapitre
» [Story] BIONICLE The Yesterday Quest : Chapitre 2
» Kit pour le chasseur de guêpes

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Terres Exsangues (année 2002) :: La chronique: Terres Exsangues :: Au fil du sang (section narrative principale)-
Sauter vers: