Terres Exsangues (année 1999)

Le requiem des Ardennes françaises
 
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 Prélude: l'oiseau quitte le nid (Sam)

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Lestat
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MessageSujet: Prélude: l'oiseau quitte le nid (Sam)   Dim 10 Sep - 10:00

Musique: Progressive dark techno

Rennes, 3 novembre 1989.


Sam n'avait pas mis les pieds à "L'Oiseau de Nuit" depuis l'assassinat de Serge Montfort, de peur que sa véritable identité ait pu être découverte par Monsieur X ou ses sbires. Il s'agissait d'une boîte de nuit underground où tous les profils marginaux se côtoyaient dans une ambiance gothique punk un peu surréaliste, et où toute sorte de drogues et autres produits illicites circulaient en sous-main. Ce n'était pas pour rien si Sam avait pu s'y fondre sans problème et y prendre contact avec les Rockets pour débuter sa mission d'infiltration. "L'Oiseau de Nuit" était en effet leur point de rencontre fétiche; pourtant, elle avait compris assez vite que les "Rockets" n'étaient que des hommes de mains semi-indépendants dont les plus gros boulots consistaient à servir les intérêts de ceux qui détenaient réellement "L'Oiseau de Nuit".

Aujourd'hui, Sam n'avait plus rien à perdre. Elle n'existait plus que dans la peau d'une criminelle, avait perdu son mentor, et errait à la dérive; elle avait donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de tenter le tout pour le tout. Elle se fraya un chemin à travers la foule de danseurs frénétiques, n'hésitant pas à bousculer un jeune musclé tatoué et torse nu, coiffé d'une crête verte sur un crâne complètement rasé, ou de séparer deux filles aux pupilles dilatées qui jouaient les lesbiennes échaudées pour attirer les mâles et leur revendre quelques comprimés d'extasie, afin de passer entre elles. Elle releva la tête et aperçu celui qu'elle cherchait  un peu plus loin dans le coin VIP: Patrick Guéguen, un pur breton de trente-quatre ans qui avait réussi on ne savait pas trop comment à obtenir la gérance du point de rencontre qu'était "L'Oiseau de Nuit". C'était par lui que Sam s'était enfoncé encore plus profondément dans les ramifications de l'Organisation, un groupe criminel versé dans le trafique d'arts et de drogue. Elle leva la main mais il était trop occupé à discuter avec des collègues tout en sniffant un peu de coke au passage. Sam bifurqua et passa à côté des énormes baffles qui crachaient la musique techno à un niveau de décibel qui aurait rendu sourd n'importe qui; mais Sam avait passé tellement de temps ici qu'elle ne prêtait presque plus attention au "boum boum" rythmé du son ambiant. Elle finit par atteindre l'escalier et fut bloquée par un videur. Elle lui lança un regard noir et elle fit à nouveau signe à Patrick. Cette fois, il la vit. Il hésita une seconde puis fit signe au videur de la laisser passer. Un frisson parcourut l'échine de Sam qui n'avait pu s'empêcher d'interpréter son hésitation. Savait-il ? Il était trop tard pour reculer.

Il lui parla d'une nouvelle livraison et lui dit qu'elle tombait bien et qu'il pourrait avoir besoin d'elle. Il l'invita donc à le suivre à l'extérieur, dans la cour arrière de la boîte de nuit. Lorsqu'ils sortirent, un fourgon de livraison "TAM" y était garé et plusieurs types s'afféraient à transférer des caisses à l'intérieur depuis deux camionnettes banalisées. Patrick alpagua les types qui déchargeaient et leur ordonna d'aller prendre un verre à l'intérieur. La cour se vida et seuls restèrent Patrick et deux de ses hommes. Il fit monter Sam à l'arrière d'une des camionnettes pour lui montrer la marchandise. Mais une fois à l'intérieur, il n'y avait rien.


- Soit t'as une paire de couilles cachées, soit t'es complètement con. On a récupéré tes dossiers chez ton commandant, on sait que tu bossais pour lui. On pensait jamais te revoir. Alors, pas de bol, on va te buter et te mettre dans une des caisses avec les dossiers. Comme ça, le grand chef recevra un sacré cadeau en plus de sa marchandise; une infiltrée et les preuves qu'on t'a dénichée. Allez, bonne nuit, Sam. T'étais sympa.

L'enfoiré. Sam savait qu'elle avait pris un énorme risque. Pourtant, elle n'avait pas eu si tort que ça. Patrick avait été l'exécutant de Monsieur X pour tuer Serge, et il avait découvert qui elle était; mais il n'avait pas encore transmis l'information à la tête pensante. Ou aux têtes pensantes pour ce qu'ils en savaient tous. Mais cela n'avait plus d'importance, elle était morte. Elle allait rejoindre son véritable nom dans la tombe.

Patrick s'écarta et laissa un de ses hommes prendre sa place. Ce dernier sortit un pistolet de sa ceinture. Derrière lui, Patrick et son autre homme de main observèrent. Patrick fit un clin d'oeil à l'adresse de Sam juste avant que sa tête ne tourne brusquement sur elle-même. Il sembla à Sam que quelqu'un s'était trouvé juste derrière lui à ce moment, mais il n'y avait personne lorsqu'il s'effondra. Son collègue tourna la tête et vit Patrick au sol. Le temps qu'il réalise ce qu'il voyait, une silhouette vêtue de rouge l'attrapait au menton et lui faisait subir le même sort. La femme tourna la tête en direction du criminel qui pointait maintenant son arme en direction de Sam. Elle portait un pantalon de cuir noir et un T-shirt rouge aux manches longues. Le criminel tira et Sam prit la balle dans le sternum. Ses jambes se dérobèrent sous elle et elle eut très vite froid. Alors qu'elle se sentait partir et que sa vision perdait en précision, la femme se pencha au dessus d'elle. Elle était blonde, les cheveux longs détachés, et paraissait encore plus jeune que Sam. Elle disparut en même temps que tout le reste.

...

Musique: the girl with the dragon tattoo, "Under the Midnight Sun"

Lorsque Sam s'éveilla, elle était allongée sur un canapé en cuir. Elle porta sa main à son sternum par réflexe et sentit la texture du papier. Elle se redressa vivement, main sur le torse. Face à elle, quelques mètres plus loin, il y avait un grand bureau d'affaire très classe; dans le dos d'une chaise en cuir vide, une grande fenêtre donnait sur un balcon qui surplombait la ville de Rennes et ses lumières brillant dans la nuit. Sam relâcha la pression sur son torse et regarda les liasses de papier qu'elle tenait. Il s'agissait des dossiers que Serge avait tenu la concernant. Ils n'avaient malheureusement aucune valeur juridique, mais ils avaient permis à Patrick de savoir qui elle était vraiment. La bonne nouvelle, c'est qu'il ne les avait jamais transmis à Monsieur X. C'est à ce moment que Sam se rendit compte qu'elle était morte de faim. Elle tourna la tête et réalisa qu'elle n'était pas seule. En face du canapé sur lequel elle avait été allongée, la femme qu'elle avait vu à L'Oiseau de Nuit était assise sur un fauteuil en cuir rouge, jambes croisées. Elle n'était pourtant plus habillée pareil; cette fois, elle portait un jean et un haut blanc qui dévoilait ses épaules menues et ses bras fins. Sam ne lui donnait pas vingt ans. La femme lui adressa un sourire:


- Bienvenue parmi les morts. Je m'appelle Morgane.

...


Rennes, automne 1999


Dix ans. C'était le temps durant lequel Morgane avait requis qu'elle reste à ses côtés avant de quitter le nid. Après avoir compris ce qu'elle était devenue, et après plusieurs semaines d'adaptation sous la tutelle de son sire, Sam s'était à nouveau penché sur son désir de vengeance. Elle s'était renseigné sur la mention "TAM" qu'elle avait vu inscrite sur le fourgon de transport, et avait découvert qu'il s'agissait du diminutif pour "Transport Ardennes et Meuse", une société de transport de marchandise basée près de Charleville-Mézières et dirigée par Carl Durrant. Pour la première fois, elle avait peut-être une piste solide pour remonter la trace de celui ou ceux qui avaient commandité l'assassinat de son mentor. Elle en avait parlé à Morgane qui lui avait demandé de rester une décennie à ses côtés avant de l'autoriser à prendre son envol pour satisfaire ses objectifs personnels. La demande n'en n'était pas vraiment une, mais Sam n'y voyait de toute façon pas d'inconvénient. Elle devait d'abord apprendre à maîtriser ce qu'elle était devenue et elle devait bien ça à son sire, qui lui avait finalement permis de renaître pour pouvoir un jour espérer se venger.

Morgane l'avait intégrée à une société de la nuit plus dangereuse que tout ce dans quoi elle s’était jamais infiltrée mais Sam avait joui d'une position privilégiée du fait de la position de pouvoir qu'occupait son sire. En effet, Morgane était connue sous le titre de "Damez", le nom breton pour désigner une reine. Non seulement Morgane contrôlait la population vampirique de Rennes, mais son influence s'étendait également à d'autres domaines locaux tels que Lorient et Vanne dont les résidents aux dents longues la reconnaissaient également comme leur suzeraine. Néanmoins, Morgane régnait plus à la manière d'une aristocratie devant sans cesse maintenir l'équilibre entre autorité et concessions plutôt qu'à la manière d'un monarque absolutiste. C'est pourquoi Sam servit d'yeux et d'oreilles à son sire à travers son domaine pour lui permettre de déceler où son autorité faiblissait et quelles faveurs elle devait s'octroyer. Morgane choisit de garder son infante en retrait de la société des Semblables, préférant en faire un atout de l'ombre qu'une pièce maîtresse, puisqu'elle savait qu'elle viendrait à partir. Morgane n'avait d'ailleurs jamais été obligée de laisser Sam partir, après l'énorme investissement personnel que l'étreinte représentait, et qu'elle accepte la demande de son infante était déjà inespéré. La nuit du départ était enfin arrivée.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Sam alla frapper à la porte du bureau de son sire, au dernier étage d'un immeuble qu'elle détenait. Une goule l'accueillit et la laissa entrer. Sam se retrouva exactement là où elle s'était réveillée, dix ans auparavant. Morgane l'attendait, debout sur le balcon.

Sam traversa le bureau et passa par la fenêtre ouverte afin de rejoindre son sire. Elle se plaça à côté d'elle et les deux vampires contemplèrent les lumières de la ville, partageant ensemble un instant de silence. Puis, Morgane brisa ce dernier, sans détourner le regard de la ville:


- Prête ?

_________________
Chantre de la Confrérie de l'Ethique, Saigneur de l'Ethiquetage, Pontife de l'Ethificat, Philosophe du courant Ethiquiste, Ethiquetosaurus Rex, Souverain du royaume d'Ethiquor, l'Ethiquetor, El Ethicador, l'Ethichrist, Le Dalai Léthique, Guillermo Del Ethico, Napoléthique, Toutanéthique, Australopithéthique, Ethiquetologue, Valar Ethiquetis, L'Ethiquetomaniaque, Caïus Ethiquetus.


Dernière édition par Lestat le Dim 17 Sep - 18:58, édité 1 fois
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Sam "l'Anguille" Renoir
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MessageSujet: Re: Prélude: l'oiseau quitte le nid (Sam)   Lun 11 Sep - 20:29

Lors de sa renaissance, Sam avait adopté Morgane comme si elle avait été sa propre mère. Un sentiment nouveau, celui d'appartenir à une famille, une communauté, développant pour sa Reine Mère une fidélité presque bornée, une loyauté sans faille. Morgane avait été le plein de son vide, le refuge de son désarroi, la réponse à ses nombreux démons.

Du temps sur ce foutu balcon, elle en avait passé. Sam parlait peu, la tête souvent enfouie sous la capuche de son sweat noir en coton pas cher et aux lacets usés à force de les avoir mordillé. Ce soir-là, comme de coutume, elle s'était allumé une clope qu'elle avait coincé au coin de ses lèvres. Depuis sa transformation, la fumée qui envahissait son visage ne lui piquait plus les yeux et même si le tabac ne lui faisait plus aucun effet, elle continuait à apprécier l'odeur du tabac froid qui imbibait ses fringues achetés au Mammouth du coin. Une vieille habitude un peu crado qu'elle conservait de ses années underground, à survivre dans les squats de Rennes.

Rennes...

Sam aimait la vue de la ville, depuis le balcon. Le regard plongé sur les lumières de la cité, ses bruits et ses odeurs, tel un oiseau de nuit, l'Anguille prenait de la hauteur. Elle qui avait passé tant de temps dans les bas-fonds de la société, elle profitait de ces instants chez sa Mère, pour une fois, être au-dessus des autres.

L'Anguille tira une taffe, et souffla lentement, les yeux rivés vers les sirènes de la ville.

Ses doigts colorés sentaient encore la peinture acrylique premier prix, qui lui avait servie la veille. Cette vue, elle avait décidé de la peindre et de l'offrir à son Sire, en guise d'hommage. Cela faisait maintenant deux semaines qu'elle y passait ses nuits ou presque, enfermée dans son petit studio du centre de Rennes. Clope au bec, elle y avait mis la dernière touche en début de nuit. Un merle noir, posé sur la rambarde du balcon en premier plan à droite, à côté d'un aigle royal. La peinture avait à peine eut le temps de sécher.


- Ouais, j'suis prête.

D'un geste sec, et sans quitter la vue du regard, elle donna une pichenette à la clope qui tomba dans le vide. Ses yeux cernés de khôl, quittèrent enfin le paysage urbain, pour se détourner vers un rectangle d'environ 1 mètre sur 60 centimètres, qui était posé à ses pieds. Il y avait du vent, qui faisait comme gémir le papier craft qui entourait le paquet. D'un geste agile, elle attrapa l'oeuvre et la tendit à Morgane.

- Tiens, c'est pour toi.

Sam ne souriait pas, ou peu. Malgré tout, Morgane pu distinguer une légère lueur dans son regard sombre et peut-être même un timide sourire. Elle n'avait jamais fait de cadeau à personne, elle trouvait ça con. Et ringard. D'autant plus qu'elle détestait les remerciements faux-cul et les faux semblants. C'était pour ça que lorsqu'elle faisait un truc "sympa" pour quelqu'un, l'Anguille ne disait jamais que ça venait d'elle. Plutôt crever que de devoir réagir à la reconnaissance des autres. Elle ne saurait même pas comment faire, à part baragouiner une connerie et enfoncer son visage fin dans son sweat Iron Maiden.

Mais cette nuit-là était particulière. Dix ans. Dix ans qu'elle était devenue une créature de la nuit, chapeautée par la bombe qui était devenue sa Mère Royale. Une situation merdique qu'elle avait pourtant finit par apprécier, d'autant plus que Morgane avait su la "prendre", comme on dit. Un peu comme Serge, à l'époque. Sam était une bonne exécutante, et leur binôme avait bien fonctionné. Mais une page se tournait, et l'oiseau allait enfin pouvoir voler de ses propres ailes. Morgane n'avait pas menti, elle avait tenue promesse et l'Anguille était enfin libérée de sa cage dorée.

Elle arracha le papiers craft. Les baies vitrées du bureau éclairèrent alors une peinture éclatante, merveilleusement colorée. Aussi vivante que Sam était morte, aussi lumineuse qu'elle n'était que ténèbres. Elle représentait presque trait pour trait la vue d'ici, en dix ans, l'Anguille avait appris à la connaître par coeur, au détail près. Sa mémoire photographique l'avait d'ailleurs toujours aidé, c'est aussi une des raisons qui avait d'elle une élève qui sortait du lot, à l'école de police.

La jeune femme laissa Morgane contempler son oeuvre.

Gênée, elle détourna son regard de la scène pour replonger dans l'immensité urbaine qui s'étendait à ses pieds. Comme ça lui faisait bizarre de quitter le nid. C'était plutôt confort d'être la gamine d'une daronne comme elle. Mais sa soif de vengeance ne l'avait jamais lâché. En dix ans, elle avait soigneusement échafaudé son plan, pensé aux moindres détails et longuement réfléchit à ce qu'elle ferait aux connards qui avaient buté son père de substitution, et ruiné sa vie.

Alors, sans regarder Morgane, et parce que Sam ne savait jamais quoi dire quand elle était avec quelqu'un qu'elle aimait, elle dit simplement.


- Y'a du vent ce soir, dis-donc.
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Lestat
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MessageSujet: Re: Prélude: l'oiseau quitte le nid (Sam)   Lun 11 Sep - 21:01

Sam chercha à ne pas regarder Morgane lorsqu'elle posa ses yeux sur son cadeau. Sa Semblable ne fit d'ailleurs aucun commentaire sur le sujet. Peut-être était-ce parce qu'elle savait à quelle point son infante détestait les marques de reconnaissance. Ou peut-être qu'elle s'en foutait. C'était difficile à dire, mais au moins, Sam avait fait passer son message.

- Un vent qui va te mener loin d'ici, en terre étrangère. On a épluché les journaux d'époque ensemble, on sait que tu te rends en terre habitée par nos Semblables. Tu ne bénéficieras d'aucune place privilégiée et tu seras à leur merci.

Morgane enroula délicatement la peinture puis détourna ses yeux du paysage pour les poser sur Sa. elle esquissa un petit sourire.

- Tu vas presque devoir redevenir une infiltrée, d'une certaine manière. Mais cette fois, il va falloir s'infiltrer en disant la vérité. On sait que les résidents aux dents longues des Ardennes n'y vont pas de main morte. On sait qu'ils ne sont pas propres même s'ils se font plus discrets depuis dix ans. Ils pourraient réagir violemment à ta présence en particulier s'ils te découvrent alors que tu cherches à te cacher d'eux.

C'est pourquoi tu dois prendre les devants et les trouver d'abord pour annoncer ta présence. Soit transparente avec eux sur les raisons de ta présence. Dis-leur d'où tu viens, et que tu demandes leur permission de t'établir temporairement sur leurs terres afin d'accomplir une mission personnelle. En échange, propose-leur d'agir comme une des leurs et leur offrant ton aide et ta participation; accepte de ne pas être considérée comme leur égale mais fait en sorte de devenir indispensable. C'est ta meilleure chance de te faire accepter et d'avoir toute la latitude nécessaire pour mener ton enquête, sans devoir sans cesse devoir te cacher à leurs yeux. De plus, si les leurs possèdent des pouvoirs d'augures, ils verront que tu dis la vérité et tu pourras gagner une part de leur confiance.

Elle marqua une pause et observa un instant son infante. Celle-ci ne dit rien, alors elle poursuivit:

- Je sais que c'est contre ta nature de te révéler. Mais cela ne veut pas dire que tu vas t'exposer sans garantie. Tu dois également te protéger afin d'éviter qu'ils choisissent simplement de te mettre en torpeur. Pour cela, tu dois laisser planer une menace sur eux sans avoir l'air de le faire. N'hésite donc pas à leur dire qui je suis et la part de territoire que je contrôle. S'ils savent que tu as derrière toi la protection de la Damez d'un large domaine, ils y réfléchiront à deux fois avant de te faire du mal. Ne les menace pas directement, mais laisse-leur faire le calcul eux-mêmes.

Une dernière chose. Je te libère de ma tutelle, mais comme un enfant qui quitte le nid, tu restes mon sang. Je souhaite que tu m'appelles régulièrement pour me donner des nouvelles; je pourrai ainsi continuer à veiller sur toi malgré la distance et à te prodiguer mes conseils si tu en as besoin. Je souhaite t'aider dans ta quête autant que mes responsabilité au sein du domaine me le permettront.



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Sam "l'Anguille" Renoir
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MessageSujet: Re: Prélude: l'oiseau quitte le nid (Sam)   Lun 11 Sep - 21:48

- Ouais, pas de prob', je te tel'erais régulièrement.

Sam Renoir n'avait toujours pas quitté le paysage nocturne des yeux, tandis que son esprit vif et plus puissant que la moyenne, engrangeait toutes les informations de son Sir. A la fin du topo, elle hocha la tête en fouillant une des poches de son blouson en vieux cuir, à la recherche de son paquet de cigarettes.

Elle grogna.


- Je m'en cogne d'être considérée comme une merde. Du moment qu'ils me foutent la paix...

L'Anguille se figea brusquement, comme si elle venait de se rappeler qu'elle s'adressait à la Damez du coin, soit la badass la plus politique - et puissante du coin. La Reine n'aimerait pas qu'on prenne son infante pour un merde. Merde ! Elle avait gaffé. Putain, elle était vraiment mauvaise...

Sam coinça sa langue entre ses dents et serra, l'air impassible. Une perle de sang coula dans sa bouche, la sensation de douleur envahi ses sens, et lui fit du bien.


- Enfin je...

Merde. Elle tripota le piercing en forme de croix catho qui pendait au niveau du cartilage de son oreille droite. Il lui fallait ce qu'elle appelait un "échappatoire social". Elle tenta d'éclaircir sa voix.


- ... Ce que je veux dire, c'est qu'ils pourraient me prendre pour un truc moins égal qu'eux, c'est pas ça qui m'arrêtera.

Elle lança un regard en coin vers la femme blond platine qui était adossée à la rambarde, à ses côtés, guettant sa réaction, ne sachant trop comme se comporter. Sam souffla et avala sa salive mélangé au liquide pourpre qui avait envahi sa bouche. Sa langue effleura la plaie biscornue et filandreuse à l'intérieure de sa joue.
Sam s'était tournée vers sa Mère, attendant la suite de ses instructions... mais en avait-elle seulement ? Son visage androgyne - qui passerait pour celui d'une adolescente, s'il n'avait pas été aussi déterminé, maquillé et percé de toutes part, l'observa un instant, la mine neutre.

Merci.
Merci, putain.

Mais aucun mot ne semblait vouloir s'échapper de sa gorge de moineau.
Alors la crevette resta muette, les bras brinquebalants, le souffle presque coupé par sa couardise sociale, maladivement incapable de dire ce qu'elle ressentait à celle qui lui avait redonné la vie.

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Lestat
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MessageSujet: Re: Prélude: l'oiseau quitte le nid (Sam)   Lun 11 Sep - 22:42

Morgane tourna la tête et scruta l'horizon nocturne. Elle n'accorda plus un regard à son infante.

- Alors, va, Petit Merle, et n'oublie pas où est ton nid.

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Sam "l'Anguille" Renoir
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MessageSujet: Re: Prélude: l'oiseau quitte le nid (Sam)   Lun 11 Sep - 22:50

Sam observa un instant son sire, stoïque.
Elle respira un coup, enfoui sa tête sous sa capuche, ferma son blouson et abandonna sa Reine, pour la première fois de sa non-vie. Le coeur battant, elle disparue avec agilité dans la nuit...

Quelques instants plus tard, elle enjambait sa vieille moto, direction Charleville-Mézières.
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